A+
A-

Une rencontre déterminante

Catégorie: Divers
1374818_10151910393143518_1441167293_n-1

Une rencontre déterminante

Cette semaine j’ai eu la chance d’assister à une rencontre qui va, je le sais déjà, me marquer comme éditrice. Il y a quelques années, j’ai passé une journée en compagnie d’Alain Stanké. J’en suis encore aujourd’hui grandement influencée. La rencontre de cette semaine m’a fait le même effet.

Le 26 août, l’ANEL offrait une formation avec Jean Bernier sur la direction littéraire. Qui est Jean Bernier me direz vous, si vous n’êtes pas familier du milieu? C’est le directeur littéraire du Boréal depuis 24 ans, celui derrière les Marie-Claire Blais, Dany Laferrière, ou Robert Lalonde. Pour moi, c’est surtout l’éditeur des essais comme celui de Frédérick Bastien, La bataille de Londres. J’ai même envie de dire que c’est l’éditeur d’essais tout court, avec un grand É.

Être éditeur ou éditrice, ça ne s’apprend pas à l’école. J’ai appris par essai-erreur, mais surtout au contact des autres. Nous avons besoin de modèles, de mentors. Si j’en juge par la qualité du catalogue de Jean Bernier, il entre certainement dans cette catégorie.

Il a débuté par un fort intéressant historique du métier. Je n’avais jamais fait attention à la différence entre l’école française (l’art d’en faire le moins possible) et l’école anglo-saxonne (distinction du publisher de l’editor et travailler énormément le texte). Il a ensuite enchaîné sur la direction littéraire proprement dite.

C’est sur son travail de l’essai que j’ai été interpelée puisque c’est ce que je fais tous les jours depuis bientôt 10 ans. S’attarder d’abord à la structure du manuscrit, soigner l’introduction, faciliter la lecture, ne pas laisser le lecteur devant de l’information brute, aider l’auteur à ne pas tomber amoureux de ses sources (j’ai moi-même cette petite tendance, je crois). Pour être passée à l’école de Denis Vaugeois, j’y ai reconnu certaines méthodes, comme de s’approprier l’information et reprendre l’essentiel des citations dans ses propres mots. Pour moi, le modèle en ce sens est sans hésiter Guy Frégault.

Je retiendrai deux choses : qu’il faut le plus souvent possible revenir à l’essentiel dans ce monde qui va si vite, dire à un auteur pourquoi on a choisi de le publier par exemple, et faire disparaître son travail derrière celui de l’auteur. Je mets dès à présent ces quelques enseignements en pratique. Un court après-midi qui m’a fait grandir. Pour avoir discuté avec quelques collègues après, je crois que je ne suis pas la seule. Merci!

2 commentaires sur “Une rencontre déterminante

  1. Raymonde Beaudoin

    Sophie,
    tu fais déjà un très bon boulot. Et l’équipe de Septentrion aussi. Vous avez su me dire pourquoi on avait choisi mon livre. Et vous m’avez fait travailler l’introduction en me suggérant un point de départ, ce dont j’avais grandement besoin. Il semble que vous ayez appliqué la méthode française qui m’a grandement surprise. Je m’attendais à tout refaire. Au contraire, j’ai vécu votre travail comme une reconnaissance du mien. Je me suis sentie chouchoutée. Et bien encadrée, rassurée.

    Répondre
  2. Sébastien Lord-Émard

    J’ai eu la chance de recevoir une formation en révision éditoriale l’an dernier, sous les auspices de M. Robert Laliberté, grâce à l’ANEL, et je suis sensible à ce que vous écrivez, Mme Imbeault. Quelle chance de rencontrer des mentors dans ce milieu où, effectivement, nous apprenons (trop) souvent par essais et erreurs. S’il est difficile d’être éditeur en 2014, en milieu minoritaire (au Nouveau-Brunswick, en l’occurrence) c’est carrément un tour de force… D’où l’importance de faire des rencontres, de discuter avec des collègues éditeurs et de miser sur la solidarité, plutôt que sur l’isolement et l’individualisme.
    Merci pour votre billet !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Articles récents

Nous étions UN

Nous étions mille cinq cents bien en vue sur les présentoirs, notre […]

Lire comme on respire

Le livre: un bien de première nécessité… S’il fallait choisir entre un […]

« La lecture est un droit fondamental pour tous », Wally de Doncker, président d’IBBY

En lisant les différentes chroniques et critiques de ce numéro de Collections, […]