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Un écosystème fragile

Catégorie: Divers

Le foisonnement actuel fait parfois oublier que l’histoire du livre au Québec est encore jeune, au moins dans sa richesse et sa diversité. Bien sûr, il y a des maisons d’édition et des auteurs depuis longtemps. Toutefois, la production massive par autant de créateurs et d’éditeurs n’a que quelques dizaines d’années. Le développement de la profession à un tel niveau n’est évidemment pas le fruit du hasard. Le dynamisme et le talent des artisans sont certes à la base de tout : il en faut du courage pour oser le livre dans un marché qui souffre d’un déficit structurel et culturel d’une telle ampleur. Mais il y a plus. L’État a mis en place une série de mesures qui favorisent la vitalité du milieu. On pense évidemment à la Loi 51, qui a plus de trente ans; à l’exemption de taxe de vente provinciale; aux programmes de subventions; en plus de la revendication pour une réglementation du prix du livre… Toutes des mesures qui ont permis l’expression de la culture par le livre, dans toutes ses dimensions. À cela, il faut ajouter une manière qui nous est propre en Amérique de faire le commerce du livre. Les règles du métier, auxquelles souscrivent les intervenants clés de ce que l’on appelle la « chaîne du livre », protègent et permettent le dynamisme de cette activité économique toute singulière. En cela aussi, nous sommes une société distincte sur le continent. On s’en rend vite compte dès que l’on met le nez hors les frontières du Québec.

Ceci dit, le contexte très particulier qui prévaut en nos terres forme un écosystème singulier et fragile. Il faut peu de choses pour mettre la dynamique en déséquilibre. Telle action apparemment isolée dans la chaîne du livre peut avoir des conséquences pour tous. C’est dire que nul n’est une île dans notre beau, et tout petit monde du livre. Dans la mesure où l’objectif, comme société québécoise, est de préserver et de nourrir la vitalité de l’édition, il en découle une « obligation de solidarité » dans toute la chaîne du livre. La vitalité est inhérente à l’interdépendance.

Dans cet écosystème fragile, nous faisons face à deux défis. Le premier est de ne pas se piéger dans un modèle figé : les évolutions sont toujours difficiles à intégrer dans une relation d’interdépendance. Le deuxième est de ne pas succomber à la tentation de faire cavalier seul, sous prétexte que les choses changent trop lentement. Vaste programme, comme on dit… Mais il en va de l’avenir de nos métiers.

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