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Talentueux Indés à Paris

31 mars 2015, par
Catégorie: Divers
talentueuxindes

Inspirés par la vitalité croissante de l’édition indépendante dans le monde francophone, les organisateurs de la journée professionnelle Talentueux Indés, qui a eu lieu à Paris le 21 mars dernier, ont de leur propre aveu copié ce concept de « vitrine », qui repose sur la concision, le dynamisme et la force de conviction des participants, sur un événement organisé par le Festival de Berlin l’automne dernier, lequel donnait aux éditeurs de petite et moyenne tailles l’occasion de se présenter à plusieurs partenaires commerciaux potentiels en même temps. Le résultat de la mouture parisienne est assez admirable, surtout pour une première édition.
 
Les organisateurs, Pierre Astier et Laure Pécher de l’Agence Pierre Astier, ont réussi à constituer une très belle liste d’éditeurs, artisans, innovateurs, engagés dans la cause des livres et dans le monde. Mémoire d’encrier et Lux étaient entourés de 18 autres éditeurs de qualité venus d’un peu partout en France, mais aussi de Belgique, d’Algérie, de Suisse, de Tunisie, du Maroc, du Cameroun. Les maisons invitées cette année font principalement de la fiction ou de la non-fiction, mais il est possible que, dans les années à venir, les éditeurs qui font du jeunesse ou du livre d’art soient aussi conviés.
 
Des présentations courtes, percutantes et dynamiques se sont succédées toute la journée (la fiction le matin et les essais en après-midi), devant une salle remplie d’éditeurs étrangers, d’agents littéraires, de scouts, de journalistes et de traducteurs invités par différents réseaux. Pierre Astier jouait le rôle de présentateur et d’interviewer à merveille, debout à côté de chacun des intervenants, il commençait par une courte introduction et ensuite, par une question adaptée au catalogue ou à l’histoire de la maison présentée, donnait la parole à son interlocuteur qui devait parler de son travail et présenter deux ou trois titres à mettre de l’avant pour la vente de droits étrangers. Pour chaque titre, un « pitch » de deux ou trois phrases.
 
Après les présentations (90 minutes par demi-journée), une séance de « speed-dating » permettait aux spectateurs d’aller poser plus de questions aux intervenants qui avaient piqué leur intérêt et prendre des catalogues, listes de droits, cartes.
 
La partie « fiction » de l’événement a attiré beaucoup plus de monde que la partie « non-fiction », il faut bien le dire. En tant que représentantes de Lux, Eve Delmas et moi-même avons tout de même pu parler à des éditeurs, scouts et journalistes, mais la salle n’était pas comble. Loin de là. Cette différence découlerait-elle du fait que les essais intéressent moins les éditeurs étrangers? À mon avis, elle vient surtout du fait que la première partie de l’événement était déjà extrêmement dense et que ceux qui y assistaient ont préféré faire autre chose de leur après-midi. Un événement sur deux jours aurait peut-être réduit l’écart d’affluence. Encore une preuve que la séparation entre essais et littérature, comme toutes les frontières, est davantage un obstacle qu’une réelle balise?

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