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Sur la ligne de départ

Catégorie: Divers
Memoire

On a eu du mal à avoir la foi jusqu’au bout, mais le gouvernement du Québec a tenu parole : la commission parlementaire de l’Éducation et de la Culture se penchera bel et bien sur l’hypothèse d’un encadrement règlementaire du prix du livre, imprimé et numérique. Chose rare, la Commission siègera hors session et en plein été. Il faut en comprendre que les parlementaires y voient un enjeu sérieux, mais aussi que le gouvernement ne veut pas être suspecté d’avoir traîné les pieds jusque dans la zone dangereuse où il pourrait être victime de son statut minoritaire. Il faut savoir en être reconnaissant au Ministre et à l’Assemblée.

Rappelons les faits. Le gouvernement du Parti Québécois, fraîchement élu en septembre dernier, a estimé qu’il n’avait aucune chance de gagner un vote à l’Assemblée s’il  procédait rapidement par voie législative. Toutefois, comme les nouveaux élus au pouvoir étaient plutôt sympathiques à un prix réglementé, ils ont choisi de ne pas balayer l’affaire sous le tapis et de prendre le chemin d’un débat de principe, balisé par les règles strictes d’une commission parlementaire. Le pari est simple : espérer que pourra se dégager là une majorité politique sur une solution satisfaisante. Car, faut-il le rappeler, la Commission n’étudiera ni un livre vert, ni un projet de loi; elle soupèsera une hypothèse non encore définie. Bien qu’il faille se réjouir de la tenue des travaux de la Commission, il ne faut pas oublier que c’est le prélude à un éventuel processus législatif, pas son aboutissement. Ne confondons pas ligne de départ et ligne d’arrivée. Mais, comme on dit dans les bouquins de pensées positives qu’on lit en secret aux p’tits coins, « le plus long des voyages commence par un simple pas ».

Le débat risque d’être costaud. Et on peut s’attendre à ce que les représentants d’intérêts divergents s’arrachent « l’intérêt supérieur du lecteur » et que beaucoup se réclament de la « démocratisation de la culture ». Il y aura des oh! et de ah! On entendra « vous ne me ferez pas croire que », des  « vous ne comprenez rien à » et des « c’est une question de courage politique ». On recevra en pleine poire des envolées oratoires mémorables et on somnolera au son monocorde des arguments de gérants d’estrade. Tout cela, c’est un passage obligé. Tant mieux, le forum de la Nation est le haut lieu de la démocratie.

Pour ma part, je suis prêt à me farcir tout, le pire et le meilleur, indistinctement. Ultimement, je n’attends qu’une seule phrase : « Un projet de loi sera déposé à l’Assemblée nationale  le… »

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