A+
A-

Pourtant, à Montreuil

Catégorie: Divers
Stand_Montreuil_2013_web

On imagine difficilement le métier d’éditeur en péril après avoir passé une semaine à Montreuil, au plus important salon du livre jeunesse en France. 

Cette manifestation phare en banlieue de Paris, toujours à la fin novembre, qui fait la promotion du livre et de la presse jeunesse dans la langue de Félix, aura encore une fois fracassé des records de participation avec plus de 160 000 visiteurs dont au moins 20 000 professionnels et 2 000 auteurs.  Un hymne au printemps.

Montreuil, c’est une bulle, vous me direz, la France est vraiment en crise, le marché du livre est très tendu.  En un an seulement, il y a eu la disparition de Virgin Megastore (26 grands magasins), celle de Chapitre (57 librairies) et, chez nos cousins, une mauvaise nouvelle en cache toujours une autre. Même la chaîne des librairies Mona Lisait (11 librairies), spécialisée dans la vente de livres soldés par les éditeurs, a dû déposer le bilan il y a quelques semaines.  C’est dire que les choses vont mal, très mal, sauvons…

Pourtant, à Montreuil parmi tous ces enfants arborant leurs petits chapeaux Spirou en rouge, qui rôdaient à travers les stands à la recherche d’accessoires associés à leurs personnages préférés, c’est la confiance en l’avenir qui régnait.  

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe encore des salons où il a y du monde, parent ou enfant, journaliste ou enseignant, qui vient à la découverte de livres qu’on ne trouvera pas nécessairement dans les rayons de la Fnac ou des grandes librairies.   Oui, nous y sommes pour connaître les nouveautés d’HonfFei Cultures, petit éditeur français de contes asiatiques, ou encore des éditions La Maison est en carton, qui a compris que le livre physique peut devenir un objet que les enfants aiment tenir. 

Comme le Festival de jazz ici à Montréal, le Salon de Montreuil réussit à chaque année à proposer une programmation riche et originale, qui arrive à suivre les tendances sans en faire une obsession. Cette année, on a choisi le thème des héros dans la littérature tout en rendant aussi hommage à l’Afrique-du-Sud.    Et il y a de plus en plus d’espace attribué à la BD et au numérique, deux secteurs qui font certainement preuve de créativité actuellement.  Le gâteau fut servi et les gens ont quitté comblés!

Ajoutons enfin que le Salon de Montreuil fait vivre le livre jeunesse à travers Paris avec, entre autres, un affichage imposant dans le métro et la publication du programme dans le prestigieux magazine culturel Télérama.  Les boulangers et pompiers n’y mettront peut-être pas les pieds, mais ils savent que le salon existe, que le livre jeunesse n’a rien à envier aux autres genres littéraires.   C’est déjà pas mal, je trouve. 

(Les opinions exprimées sur les blogues de anel.qc.ca sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement l’opinion de l’Association nationale des éditeurs de livres ou de sa direction. Soucieuse de la libre opinion, l’ANEL ne corrige pas les affirmations ou déclarations des auteurs indépendants ou des commentaires qu’elles suscitent. Elle s’assure cependant que le ton des textes et commentaires demeure en tout temps respectueux.)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Articles récents

Nous étions UN

Nous étions mille cinq cents bien en vue sur les présentoirs, notre […]

Lire comme on respire

Le livre: un bien de première nécessité… S’il fallait choisir entre un […]

« La lecture est un droit fondamental pour tous », Wally de Doncker, président d’IBBY

En lisant les différentes chroniques et critiques de ce numéro de Collections, […]