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Paradoxe

Catégorie: Divers
liseuse_janv2014

Le monde des écrans a envahi les espaces du quotidien, de la maison au bureau, en passant par l’école. Le numérique a pris possession de tous les lieux, allant du fond de la poche (ou du sac à main) au tableau de la classe, de l’outil de travail aux plateformes de divertissement. Depuis des années, mais de façon accélérée depuis trois ou quatre ans, quincaillerie, logiciels et contenus ont fait leur entrée dans toutes les sphères de la vie. Au point d’en rendre banale la présence. Et d’en faire la norme : norme de communication, de travail, d’enseignement, de divertissement… À peu près rien n’y échappe désormais. C’est particulièrement manifeste aux yeux des plus jeunes qui sont incapables d’imaginer tâches et actions sans support ou aide numérique. L’ère du monde « fait à la main » se trouve maintenant inscrit quelque part pas trop loin de l’âge de bronze dans l’inconscient de nos contemporains « branchés ».

Comme dans toutes les familles, au cours des Fêtes de fin d’année, j’ai vu pas mal d’appareils, de cartes cadeau, et autres produits dérivés du numérique au pied du sapin. L’excitation est encore au rendez-vous à l’ouverture des boîtes et enveloppes. Mais la chose est attendue, comme s’il allait de soi que l’accès au numérique faisait d’office partie de ce qui est incontournable. Ceci dit, j’ai aussi constaté l’enthousiasme de ceux et celles qui ont trouvé des livres imprimés dans leur bas de Noël. L’objet papier attire l’attention et instille presque instantanément une attitude de concentration. On est curieux d’ouvrir les pages, de feuilleter, de toucher… Paradoxe des paradoxes, le livre papier se distingue de la banalité du numérique! Il représente une forme de valeur ajoutée inattendue, qui se substitue en partie au sentiment d’obsolescence de l’imprimé. Sans doute pas chez les grands lecteurs et consommateurs de livres sous toutes formes. Mais chez les lecteurs occasionnels (qui sont l’immense majorité de nos contemporains), le livre papier exerce un attrait certain.

Le défi est de ne pas camper le livre imprimé à un objet de curiosité, un peu vintage, comme le sont les disques vinyles, réminiscence sympathique d’un passé révolu. Pour cela, il faut continuer à travailler la qualité de l’objet, autant que celle du contenu.

Entre-temps, je m’autorise à sourire. J’aurai vécu assez longtemps pour assister à la banalisation du numérique.

(Les opinions exprimées sur les blogues de anel.qc.ca sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement l’opinion de l’Association nationale des éditeurs de livres ou de sa direction. Soucieuse de la libre opinion, l’ANEL ne corrige pas les affirmations ou déclarations des auteurs indépendants ou des commentaires qu’elles suscitent. Elle s’assure cependant que le ton des textes et commentaires demeure en tout temps respectueux.)

 

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