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Nicole à l’école

Catégorie: Divers
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J’ai toujours voulu apprendre et découvrir. Et, dernièrement, un de mes rêves s’est réalisé : j’ai passé une journée dans une librairie pour mieux saisir le fonctionnement de cet intermédiaire essentiel à la diffusion de nos livres.

Depuis mes débuts dans le monde de l’édition, je suis persuadée que les acteurs de la chaîne du livre auraient intérêt à faire des stages chez les autres intervenants afin de mieux comprendre les réalités, enjeux, problématiques et défis qui leur sont propres. On connaît les différents aspects de leur travail, bien évidemment, en théorie, mais il n’y a rien de comparable à l’expérience sur le terrain pour les assimiler.

C’est à la suite de l’invitation de l’ALQ aux délégués de l’ANEL, Richard Prieur, Arnaud Foulon et moi à participer à une table ronde lors de leur assemblée générale en juin dernier que l’idée de faire un stage chez un libraire a été lancée. Je me suis proposée avec enthousiasme pour jouer le jeu. C’est le 5 octobre que je me suis présentée à la librairie Paulines sur la rue Masson, où j’ai été accueillie avec beaucoup de bonne volonté par Jeanne Lemire et Denis Richard pour ce stage d’un jour.

J’arrivais donc, en ce beau matin d’automne, en toute simplicité, avec mon ignorance de ce que vit un libraire au quotidien, mais avec un grand désir d’apprendre. Jeanne, Denis et tous les employés que j’ai rencontrés au cours de cette journée ont tenté de faire mon éducation (en quelques heures, c’est tout un défi!) et ont répondu avec beaucoup de patience à mes nombreuses questions.

Ce fut une expérience formidable. Elle m’a permis d’apprendre beaucoup de choses qui paraîtront évidentes aux initiés (et qui les feront sans doute sourire); ne perdons pas de vue que les éditeurs et les libraires ont beau se côtoyer, cependant, pour la majorité d’entre nous, nos réalités respectives sont plutôt abstraites. J’ai donc découvert, entre autres choses, que la réception des stocks est une tâche qui exige beaucoup d’attention et de minutie, et qu’elle est vitale (de plus, la qualité dépend des informations fournies par les éditeurs et les diffuseurs); que les libraires, et TOUS les employés de la libraire manipulent une multitude de données; que la gestion des stocks (les commandes et les retours) demande des outils performants, mais également un humain compétent pour raffiner les informations; que le personnel d’une librairie doit être polyvalent; que le temps passé avec les représentants des diffuseurs est très grand. J’ai aussi découvert que les employés ne se tournent pas les pouces lorsqu’il n’y a pas de clients et qu’un libraire lit beaucoup, ma foi, peut-être même davantage qu’un éditeur.

C’est une expérience que je recommande à tous les éditeurs (certains, dont mon ami Robert Soulières, n’ont pas attendu cette invitation pour faire ce genre de démarche). Mais l’inverse doit aussi se faire, d’une façon différente, bien évidemment. Car les libraires auraient également intérêt à mieux comprendre notre réalité et les raisons pour lesquelles, par exemple, on ne peut réapprovisionner en deux jours un titre qui est en rupture de stock ;). 

Je suis consciente de n’avoir touché qu’une petite partie de la complexité du métier de libraire, mais c’est avec ce genre d’échanges que nos relations seront plus fluides et plus solides.

Merci encore à l’ALQ d’avoir organisé cette activité, ainsi qu’à Jeanne et à Denis d’avoir consacré de leur temps précieux à parfaire mon éducation et à améliorer mes compétences.

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