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Modes, habitudes et usages

Catégorie: Divers
liseuse

J’ai passé quelque temps en bord de mer sur les plages américaines au cours de l’été. Ce n’est certes pas un bel exemple de nationalisme touristique, mais je n’ai pas encore trouvé l’équivalent d’un océan d’eau chaude sur le territoire national. Reste qu’il s’agit d’un lieu d’observation des mœurs de toutes sortes, y compris des comportements de lecture. Pendant quelques années, surtout après le redémarrage réussi du marché des liseuses en 2009 (après celui, raté, de 2007), je m’étais amusé de voir nombre de lecteurs balnéaires s’afficher sur le sable avec leur Kindle inséré dans un sac plastique translucide, question de protéger leur précieux appareil du sable, de l’eau et de toute espèce d’intempérie. Je me sentais vraiment vieux crouton dépassé avec mon machin tout papier sous couverture de carton mince. Vintage, aurait dit une rédactrice de grand magazine. Je dois bien avouer que je trouvais tablette-sous-zyploc© sympathique, astucieux et symptomatique. Mais de quoi? En grand prophète à 5 sous, je m’imaginais y voir le signe d’une grande bascule dans les comportements de lecture, un aller sans retour vers la disparition du bon vieux livre papier pas cher.

Vous savez quoi? La grande tendance mode de l’été 2013 : le retour inattendu du paperback sur les plages américaines! Je suis encore en état de choc. Je n’ai vu presque personne lire sous sac plastique. Certains ont la témérité d’y apporter leur iPad, mais ce n’est pas pour lire. Par contre j’ai vu en grand nombre des livres de poche. Évidemment, je me suis senti moins seul, et moins « minorité visible ». On n’aime jamais attirer l’attention en voyage.

Que faut-il en conclure? Surtout pas que la liseuse est en déclin. Ce qui est dépassé, c’est de se montrer avec son machin électronique, marqueur social comme l’ont été la voiture, la maison, les souliers et la cigarette. On assiste sans doute, comme beaucoup le prévoient, à la spécialisation des usages. Si la liseuse est parfaite au lit ou en vol, il va de soi qu’elle n’est guère compatible avec la crème solaire, le soleil de plomb, le sable et l’eau de mer. Mais la plage reste un lieu propice à la lecture. Donc, à chaque type d’usage son support.

Il faut laisser au temps le temps de faire son œuvre. En ce qui a trait au livre numérique, on fera peu à peu la part des choses entre les modes, les usages et les habitudes de vie. Et il est bien qu’il en soit ainsi.

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