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Mission estivale en Allemagne

Catégorie: Divers
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Depuis que je travaille au Boréal, soit depuis bientôt dix ans, l’Allemagne est synonyme d’automne, de corridors sans fin dans des halls d’exposition grands comme des terrains de football, de longues journées passées à ma table au stand de Québec Édition. De Francfort, donc.

Une mission commerciale en Allemagne en plein mois de juillet avait ainsi de quoi me surprendre et m’emballer, d’autant qu’il ne s’agissait pas de voir des éditeurs dans la grise Francfort, mais de visiter des maisons d’édition à Berlin et à Munich.

Cette mission économique organisée par le gouvernement du Québec, à laquelle s’est greffé un volet culturel (cinq représentants de l’édition), a eu lieu du 10 au 16 juillet. D’abord sceptique quant à la possibilité de rencontrer des éditeurs en pleine période de vacances, j’ai été tout à fait stupéfaite du programme que nous avait préparé Riky Stock, du German Book Office de New York. Je dois même avouer avoir eu un certain vertige en constatant l’horaire très chargé qui m’attendait, dont un petit déjeuner protocolaire avec le premier ministre à 7 heures du matin.

Au total, ce sont une dizaine de maisons d’édition que nous avons eu la chance de visiter : Ullstein, Suhrkamp, Hanser, Kunstmann, Beck, Piper, DTV, sans compter une douzaine de représentants des imprints de Random House Germany. Nous avons été reçus partout de façon chaleureuse. Les échanges, à la fois professionnels et cordiaux, nous ont permis de présenter non seulement nos maisons d’édition respectives, mais aussi l’édition québécoise dans son ensemble, avec ses forces, ses spécificités et ses défis. En visitant les bureaux, j’ai découvert qu’on pouvait en apprendre plus sur une maison d’édition en une heure qu’en dix ans de rencontres à Francfort.

En plus d’avoir eu la chance de rencontrer des éditeurs et éditrices passionnés, nous avons eu droit à une présentation fort bien documentée du marché du livre allemand dans les bureaux de la Börsenverein des Deutschen Buchhandels, à Berlin. Il s’agit de l’association allemande du livre, qui regroupe autant les éditeurs que les libraires. Je suis sortie de là un peu abasourdie par les statistiques présentées. Saviez-vous que le chiffre d’affaires du secteur du livre en Allemagne est de 9,2 milliards d’euros par année ? Il s’agit du chiffre d’affaires le plus élevé au monde, dépassant, par habitant, ceux des États-Unis et de la Chine. Un Allemand sur cinq est considéré comme un grand lecteur, c’est-à-dire qu’il lit annuellement dix-huit livres ou plus. Et chaque personne dépense en moyenne 120 euros par année pour l’achat de livres. En Allemagne, le prix unique existe depuis 1888.

Je savais le marché allemand important, mais ce voyage m’a permis d’en mesurer encore plus le potentiel : 3 000 maisons d’édition, 75 000 nouveautés par année, dont 9 400 traductions, principalement de l’anglais, du français et du japonais… il y a certainement de de la place pour nos livres.

Je passe rapidement sur les aspects protocolaires de la mission : petit déjeuner avec le premier ministre, table-ronde économique, annonces officielles et inauguration des nouveaux bureaux de la délégation du Québec à Munich. Rien de passionnant à en dire.

J’ai eu grand plaisir à côtoyer et à apprendre à mieux connaître mes collègues Johanne Guay (qui, pendant toute la semaine, a eu à remanier son communiqué de presse officiel), Caroline Fortin (et ses fous rires communicatifs), Marie-Ève Lefebvre (dont c’était la première mission et qui s’en est vraiment bien tirée) et Simon de Jocas (digne représentant de la gente masculine de l’édition québécoise).

Et je ne peux passer sous silence le travail de nos trois accompagnatrices, qui tout au long du voyage nous ont servi de guides, de traductrices et de facilitatrices dans nos nombreux déplacements. Merci, Jennifer Dummer (excellente ambassadrice du livre québécois en Allemagne), Marie-Élisabeth Rakel (représentante culturelle à l’Antenne du Québec à Berlin) et Alexandra Gauthier (du ministère de la Culture et des Communications). Vraiment, un grand merci à vous trois !

Voyage épuisant certes que cette mission, mais ô combien stimulant. Maintenant, Francfort !

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