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Le Québec et sa culture effervescente

5 décembre 2017, par
Catégorie: Divers

Chaque année, l’ANEL invite une dizaine d’éditeurs de partout dans le monde dans le cadre du programme de fellowship Rendez-vous qui se tient pendant le  Salon du Livre de Montréal. En prévision de la Foire du livre de Francfort en 2020, où le Canada sera l’invité d’honneur, nous étions trois traducteurs allemands à nous ajouter à ce groupe le mois dernier. Il faut savoir, qu’en Allemagne, les traducteurs agissent comme « scouts » pour la littérature francophone. La délégation comptait également davantage d’éditeurs allemands (quatre au total!) alors que les autres venaient d’Espagne, d’Italie, d’Argentine, de Turquie, de Grande-Bretagne et de Finlande. Notre groupe a très vite sympathisé et nous avons été très bien accueillis par nos deux accompagnatrices, Audrey Perreault et Catherine Brunet. La bonne humeur se sentait déjà au souper d’accueil et elle ne nous a pas quittés pendant notre séjour : il y avait tant de choses à apprendre et à expérimenter.

La première matinée du programme, Simon de Jocas nous a offert une introduction sur le marché l’édition au Québec et sur sa structure économique et politique. Pendant notre séjour, nous avons aussi visité plusieurs maisons d’édition dans différents quartiers de la ville, chacune d’elle nous a impressionnés : les aménagements des bureaux, parfois accompagnés d’une librairie et d’un café, etc. Mais ce qui nous a vraiment marqués, ce sont les bonnes idées pour élargir le lectorat et l’engagement social et culturel de ces éditeurs québécois qui ne font pas, pour autant, de compromis sur la qualité de leurs livres, tant sur le plan des sujets, que du style. Nous avons senti la présence d’une scène artistique à Montréal en voyant, par exemple, les graphismes des livres pour enfants.

Nous étions aussi très présents au Salon du livre, où nous avions des rendez-vous individuels avec des éditeurs toutes les demi-heures, et ce, pendant cinq jours. Un autre élément intéressant du programme était la présentation d’un critique qui nous faisait voir les tendances en littérature québécoise à travers ses dix livres préférés, ce qui nous a donné une vue d’ensemble de la production de la saison. Chaque membre de notre groupe a rapporté plusieurs projets de publication dans son pays. Puis, après la ronde des différents cocktails et des rencontres diverses, nous avons pu tous nous retrouver un pour un dernier repas, entre amis.

L’ANEL a donc parfaitement conçu la programmation de notre visite, que ce soit sur le plan des rencontres personnelles, des activités, mais aussi sur le plan médiatique. Au Québec des articles ont été publiés par La Presse et Le Devoir, et dans les mois qui viennent cela se poursuivra certainement tant au Québec, qu’en Allemagne!

Le Québec et sa culture effervescente jouent un rôle important pour l’ensemble du Canada. Ses auteurs décrivent leur réalité  avec un style marqué qui influe sur les écrivains anglophones et par-delà, sur toute la culture canadienne.  C’est cet échange qui donne au Canada une autonomie culturelle lui permettant de se distinguer de son grand voisin américain.

C’est ce que la délégation allemande a appris lors de cette visite à Montréal et nous ferons en sorte que le Québec se démarque en 2020 à la Foire du Livre de Francfort.

À propos de Beate Thill
Née dans une famille franco-allemande, Beate Thill a fait des études de littérature anglaise et de géographie à l’université de Fribourg (en Brisgau). Depuis 1983, elle est traductrice littéraire de l’anglais et du français. Elle a fait connaître Edouard Glissant en Allemagne. Elle se voit comme la transmetteuse de ces imaginaires du monde entier qui sont exprimés dans la littérature en langue française : elle traduit le grand poète congolais Tchicaya U Tam’si et les œuvres d’écrivains et intellectuels qui se situent entre l’Europe et le Maghreb (et l’Islam) comme l’Algérienne Assia Djébar. Beate Thill a traduit des textes d’auteurs québécois pour l’anthologie Anders schreibendes Amerika parue en 2000 en coédition par Pierre Filion et Lothar Baier de la maison Das Wunderhorn. Comme interprète, elle a accompagné ces auteurs lors de leur tournée en Allemagne. Depuis 2012, elle traduit les romans de Dany Laferrière (Journal d’un écrivain en pyjama, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer); pour sa traduction de L’énigme du retour, elle a reçu le Prix International de Littérature (Internationaler Literaturpreis), décerné par la Maison des Cultures du Monde de Berlin. Elle est aussi la traductrice de Patrick Chamoiseau.

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