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Le monde est un livre

14 avril 2015, par
Catégorie: Divers
CollectionsVoyage

Source : Collections – Voyager

“Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page” nous dit cette citation attribuée à Saint Augustin. Mais que seraient les voyages sans les livres? Et ces voyages auraient-ils même eu lieu sans les livres ?

Selon un mécanisme décrit par Pierre Vadeboncoeur dans son essai “Lettre à la France”, pour ma première destination, comme beaucoup de Québécois, j’optai pour la France. Sans jamais l’avoir visitée, je ressentais déjà pour ce pays un attachement exceptionnel, provoqué par mes lectures d’enfant et d’adolescent.

Au-delà de cette invitation à partir, comme mes voyages eurent été vains sans les livres qui les ont accompagnés et qui ont tant contribué à mon apprentissage, ces livres qui m’ont fait voir ce qui ne pouvait se deviner. Comment aurais-je pu profiter du tour de la Sicile et du Péloponnèse dans la jeune vingtaine sans les excellents guides de voyage qui sont venus compléter mon éducation lacunaire ? Serais-je tombé amoureux des pourtours de la Méditerranée sans l’évocation de son activité humaine sur près de trois millénaires ?

Et plus tard, aurais-je ressenti au Mexique ce choc des civilisations aussi fortement si je n’avais pas eu d’excellents livres pour associer les vieilles pierres de l’Altiplano aux chroniques aztèques et aux récits de la conquête. Je suis revenu de ce premier voyage au Mexique stupéfait de ce que notre enseignement de l’histoire ait totalement fait l’impasse sur les civilisations d’Amérique; mais bien déterminé à en savoir plus… et à poursuivre ma découverte de l’Amérique précolombienne.

Oui, les voyages forment la jeunesse. Et tout au long de sa vie, ces voyages constituent une merveilleuse façon d’apprendre sur l’humanité, un apprentissage décuplé par les livres. Même les voyages d’affaires peuvent être enrichis par les guides pour découvrir, par exemple, d’extraordinaires Picasso à Cleveland. Pour ma part, c’est en voyage d’affaires que j’ai découvert Beijing, lors de la première participation des éditeurs canadiens à la foire du livre de la capitale chinoise. Voyage des plus stimulants où l’on s’efforçait de comprendre les façons de faire de nos interlocuteurs chinois; au même moment je révisais notre “Comprendre la Chine”; le contexte fut très fructueux.

Chez nous la pratique des activités de plein air peut donner l’occasion d’une réflexion et d’une sensibilisation sur le besoin de protéger notre environnement, réflexion et sensibilisation stimulées par les livres des éditeurs d’ici. Tout près de chez soi ces publications permettent aussi de belles découvertes. Ainsi, à moins de 400 km de Montréal, à Williamstown, on trouve une importante collection de tableaux impressionnistes, comme j’en fis un jour la découverte dans un guide sur la Nouvelle-Angleterre.

Ces pépites, l’auteur doit les découvrir et peu de voyageurs imaginent la tâche énorme que constitue la rédaction d’un guide de voyage. Pour avoir moi-même participé à la recherche et à la rédaction de quelques-unes de nos publications, je sais que les auteurs doivent travailler à destination sans pause aucune et que la  rigueur demandée peut-être angoissante. Car le guide doit en effet être complet mais succinct, il doit être ludique mais organisé de manière méthodique.

Hubert Reeves nous parle de la complexité croissante de l’univers et la règle s’applique aussi à l’univers des guides de voyage; ceux-ci ne cessent de se diversifier pour répondre à des besoins spécifiques qui apparaissent sans discontinuer. Et, mieux les éditeurs y répondent, mieux les ventes s’en portent, malgré qu’un plus grand nombre de titres disponibles signifie souvent des tirages en recul. Équation bien connue avec laquelle jonglent les éditeurs de notre temps.

Ce numéro de Collection brosse un tableau du riche secteur québécois de l’édition en tourisme. Puisse-t-il inspirer aux lecteurs de magnifiques idées d’évasion. Puisse-t-il aussi contribuer à valoriser le rôle du livre comme pourvoyeur de bienfaits personnels et de bénéfices pour toute la société; les guides de voyage constituent un outil exceptionnel pour mettre en valeur le patrimoine naturel et culturel.

 

Daniel Desjardins

Président-fondateur Guides de voyage Ulysse

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