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La réalité virtuelle. La vraie.

Catégorie: Divers
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Je rêve de rêver chaque soir. Ou plus justement, de me souvenir de mes rêves à chaque réveil.

Certains fortunés ont cette habileté. D’autres, encore plus choyés, ont la capacité d’en prendre les commandes et d’une pierre deux coups devenir avatar et maître du jeu. Un monde onirique des plus complexes, des plus sentis, des plus inégalables.  Un monde onirique à nous faire frémir, pleurer, rire et parfois même interagir dans le monde réel, tel un somnambule.

Heureusement pour ceux qui comme moi n’ont pas cette chance, il y a ces artisans du rêve et de l’imaginaire qui en quelques mots ou images nous transportent dans leur univers. Un univers allant au-delà des limites de notre créativité en nous transportant dans leur monde et en nous permettant d’amalgamer notre propre conception à la leur.  Ces artisans sont des auteurs et des illustrateurs, des fabricants d’histoires et d’univers, des sourciers du rêve. Et malgré toute les technologies qui puissent exister, aucune d’entre-elles ne sait être aussi mouvante que l’imaginaire qui habite chacun d’entre-nous.

Le Québec et la communauté franco-canadienne ont la chance d’avoir leur lot de talents en la matière. Un grand nombre de créateurs d’hier et d’aujourd’hui se sont consacrés aux principaux genres de littérature de l’imaginaire que composent la science-fiction, le fantastique et le fantasy et qui ont connu un essor fulgurant au début du millénaire. De la mythologie au conte, en passant par la nouvelle, cette forme littéraire s’est métamorphosée au fil du temps et continue de le faire avec l’arrivée de nouveaux sous-genres plus récents tels que la dystopie, le steampunk et d’autres qui deviendront peut-être la prochaine tendance comme l’urban dystopia. À cet effet, le cinéma et les bestsellers internationaux ont forcément agi comme vecteurs d’influence dans notre monde moderne. Il suffit de poser le regard sur les tendances des dernières années pour le constater alors que la période zombies succède à la période vampires, qui succède elle-même aux magiciens. La littérature de l’imaginaire s’exprime également sous diverses formes, dont plus que jamais via la bande dessinée qui rejoint un public aussi diversifié que captif et où jeunes et moins jeunes y trouveront leur conte.

Alors qu’à une époque, les ouvrages arrivaient principalement de l’étranger, la matière grise d’ici a depuis fait bien du chemin et a su se faire valoir non seulement localement, mais également dans le monde entier. Les créateurs québécois et leurs maisons d’édition sont plus que jamais imposés sur le marché international. Leurs œuvres sont attendues, reconnues et traduites dans une multitude de langues. Et la bande dessinée ne fait pas exception. L’époque où la BD belge dominait la scène du 9e art est désormais révolue. Et malgré l’incertitude des dernières années qui planent au-dessus de l’industrie littéraire, rien ne laisse présager l’essoufflement. De nouvelles maisons d’édition font d’ailleurs leur apparition pour se consacrer à ces genres.

Sur quoi, je salue ces créateurs québécois qui agissent comme catalyseurs de créativité. Et grâce à qui, même si une branche à la main ne suffit plus à nous transformer en chevalier ou si notre petit salon n’est plus assez vaste pour y abriter un château digne des plus grands empires, nous ne perdrons jamais ce qui a fait de nous un jour un enfant comblé par si peu… et tellement à la fois. L’imaginaire.

Ce texte a été publié dans Collections, volume 2, numéro 6, novembre 2015, page 3

 

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