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La bande dessinée : un média en pleine mutation

Catégorie: Divers
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La bande dessinée est plus populaire que jamais. Le nombre de titres publiés a explosé et, depuis quelques années, la bande dessinée présente un éventail élargi de sujets et de thématiques. Tout peut être raconté par la bande dessinée ! Même le format varie, si bien que l’album moderne s’apparente parfois au format d’un roman.

Cette similarité au roman est d’ailleurs à l’origine de l’expression à la mode « roman graphique » pour désigner ces albums atypiques. En fait, cette expression est une traduction de l’anglais graphic novel. Ce terme a été créé par l’auteur américain Will Eisner, en 1978. Il faut savoir qu’aux États-Unis, la notion d’album de bande dessinée n’existait pas : il y avait les comic strips, les bandes publiées par les journaux, et les comic books. Comment définir alors un album de près de 200 pages en noir et blanc ? Le terme « book » étant déjà utilisé, Eisner a inventé l’expression « graphic novel ».

L’expression a été reprise dans les années 1990 par les petits éditeurs européens qui publiaient des ouvrages en noir et blanc, mais avec une pagination plus élevée, et dont les propos s’adressaient à un lectorat plus âgé. Ne voulant pas utiliser l’expression « bande dessinée pour adultes », qui réfère généralement à des BD grivoises, l’expression « roman graphique » a été retenue. De plus, les préjugés sont tenaces et la bande dessinée était encore bien souvent associée à la littérature enfantine, le terme visait donc à donner une certaine légitimité culturelle à leurs produits.

Par contre, il est pratiquement impossible de définir formellement ce qu’est un « roman graphique », les publications n’ayant pas d’éléments en commun (que l’on pense à l’impression, au nombre de pages ou au public cible). En fait, le « roman graphique » est simplement un album de bande dessinée sous une appellation un brin prétentieuse.

Ce numéro de Collections vous présente un dossier bien touffu que met de l’avant le neuvième art québécois actuel sous toutes ses facettes : du « roman graphique » à la bande dessinée jeunesse, en passant par les bandes d’aventures et celles écrites au féminin. Car, outre la multiplication des formats et des genres, la bande dessinée n’est plus un art fait et lu par les garçons et les hommes seulement. Elle accueille de plus en plus d’auteures qui laissent déjà une trace indélébile dans le paysage de la BD d’ici.

L’édition de bande dessinée qu’on dit « d’auteur » – ou les fameux « romans graphiques » – a le vent dans les voiles au Québec. La bande dessinée se fait également de plus en plus présente dans les médias d’information. Des chroniques et des critiques d’albums paraissent régulièrement dans les quotidiens, les magazines, à la radio et à la télévision. Ainsi, Collections a rencontré Sophie Cadieux, animatrice de BD QC, pour savoir d’où lui vient son attachement pour le neuvième art québécois.

Même si l’intérêt des médias et le succès en librairie semble récent, les bandes dessinées québécoises publiées dans les journaux ont bien fait rigoler nos grands-parents  ‒ et même nos arrière-grands-parents ‒ depuis le début du XXe siècle !

Bonne lecture !

 

Préface de Collections, numéro 6, novembre 2014,  La bande dessinée. Consultez le numéro

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