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L’HERBE PLUS VERTE DU VOISIN

Catégorie: Divers

En 2003, l’Institut de la statistique du Québec faisait état des résultats de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes en publiant « La littératie au Québec en 2003 : faits saillants »[1]. Précisons ici que la littératie est définie comme « l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités »[2]. Spécifions également que la mesure de compétence en littératie d’un individu comprend cinq niveaux, ceux-ci étant définis comme suit dans le texte de l’ISQ :

Niveau 1 : Ce niveau correspond à de très faibles compétences ; il s’agit du niveau le plus faible sur les échelles de compétence;

Niveau 2 : Ce niveau rend compte de faibles compétences;

Niveau 3 : Ce niveau est considéré comme le niveau minimal permettant de comprendre et d’utiliser l’information contenue dans des textes et des tâches de difficulté grandissante qui caractérisent la société du savoir émergente et l’économie de l’information ; il peut être vu comme le niveau souhaité de compétence pour fonctionner aisément dans la société actuelle;

Niveaux 4 et 5 : Ces niveaux témoignent de compétences élevées. Étant donné le peu d’effectifs au niveau 5, les niveaux 4 et 5 sont regroupés lors des analyses (niveau 4/5).

Les constats présentés étaient alors plutôt alarmants : parmi la population québécoise, en 2003, 22% des individus âgés de 16 ans et plus n’atteignaient que le niveau un, 32% le niveau deux, 33% le niveau trois et 13% les niveaux quatre et cinq. On aura compris ici que plus de la moitié de la population (54%) n’atteignait pas alors le niveau de compétence minimal.

Une autre étude, celle-ci également publiée par l’ISQ[3], faisait état des parts de marché du livre édité au Québec pour l’année 2009, celles-ci s’établissant à 42% tous genres confondus, soit 36% pour le livre de littérature générale et 65% pour le livre scolaire.

À la lumière de ces données, l’on peut déduire que les éditeurs québécois œuvrent dans un marché où la moitié de la population ne lit pas et où l’autre moitié consomme majoritairement des livres publiés à l’étranger. Qui plus est, l’émergence du numérique et de la vente en ligne semble causer un certain déplacement des ventes au détail des librairies québécoises vers des plateformes en ligne majoritairement étrangères.

Devant ce sombre tableau, le réflexe de plusieurs pourrait être de trouver l’herbe plus verte chez nos voisins, qu’ils soient américains, canadiens, français ou britanniques. Et à mon avis, c’est bien là que se trouve la solution…

En effet, d’ici à ce qu’une véritable politique québécoise d’alphabétisation soit adoptée et que des programmes d’incitation à l’achat de livres édités au Québec soient mis en place (remise qualitative aux libraires, incitatif financier aux bibliothèques publiques, obligations minimales aux bibliothèques scolaires, tarifs publicitaires réduits dans les médias québécois, etc.), le développement des ventes à l’exportation demeure une solution des plus avisées, d’autant que de multiples programmes d’aide à l’exportation s’offrent aux éditeurs du Québec, notamment ceux de la SODEC. Qu’il s’agisse d’exporter vos livres vers les pays francophones d’Europe, des Amériques ou d’Afrique, ou qu’il s’agisse de vendre vos droits de traduction ou de réimpression à des partenaires à l’étranger, il n’en tient qu’à vous !




[2] LEGENDRE, R. (2005). Dictionnaire actuel de l’éducation, 3e édition, Montréal, Guérin Éditeur, 1584 p.

[3] ALLAIRE, B. (2011). Les parts de marché du livre édité au Québec en 2009 : http://www.stat.gouv.qc.ca/observatoire/publicat_obs/pdf/optique_culture_07.pdf

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