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Catégorie: Divers
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Acte 1 : Dans une allocution prononcée récemment au cours du Forum national sur les arts littéraires, organisé par le Conseil des arts du Canada, une grande patronne de la Société Radio-Canada a clairement dit que la priorité était désormais accordée à la culture comme divertissement et occasion d’animation grand public. Une sorte d’alignement sur les « tendances du marché », ce qui n’est pas un péché en soi. Toutefois, il faut bien se demander ce qu’il reste du mandat d’information et d’éducation citoyenne, auquel contribuent  les diverses expressions culturelles, qui ne sont pas toutes amusantes et distrayantes. Si le diffuseur public, qui appartient à la collectivité (qui n’est pas formée que de consommateurs…), ne fait pas sa part dans le créneau de l’exigence, on ne peut guère compter sur le privé pour prendre le relais, surtout à la radio. Il faut certes éviter de jeter la pierre à la SRC, soumise aux pressions politiques, sociales, commerciales du moment. Cependant, comme on le lisait autrefois sur les bulletins d’école : « peut mieux faire », surtout dans le leadership interne qui doit donner le ton.

Acte 2 : Jeux olympiques de Sochi. Rien n’excusera jamais les excès et dérapages auxquels le pays hôte s’est adonné pour préparer et tenir ces Jeux. Cela dit, il ne faut pas bouder son plaisir. Les cérémonies d’ouverture et de clôture des JO ont été magnifiques, entre autres parce qu’elles ont fait une large place aux grandes traditions culturelles de la Russie. Bien sûr, comme toujours, le moins glorieux de l’histoire a été passé sous silence. Mais il fallait du cran pour oser mettre en scène la musique et le ballet classiques. Quel bonheur d’échapper à la série assommante de tableaux aseptisés de cirque contemporain uniformisé pour goûter à la saveur du lieu. Et, audace ultime, cette évocation grandiose de la littérature classique russe dans une mise en scène fabuleuse. On n’avait jamais rien vu de tel, nulle part ailleurs, en plein cœur de la super grand’messe du sport. Il faut croire qu’encore aujourd’hui, la culture fait est partie constituante de la fierté nationale russe. Et ce, bien que, entre vous et moi, Dostoïevski ne soit pas toujours bien drôle.

Acte 3 : Télédiffusion des cérémonies de clôture des JO à « ICI Quelque-chose-Canada ». Pause publicitaire en plein milieu du tableau évoquant la littérature. J’ai hurlé de rage dans ma salle de télé. En plus, c’était vraiment divertissant, c’est-à-dire tout à fait conforme aux nouveaux standards de la société d’État.

Mens sana in corpore sano. Il est temps de revenir aux choses simples. ICI… et maintenant.

 

(Les opinions exprimées sur les blogues de anel.qc.ca sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement l’opinion de l’Association nationale des éditeurs de livres ou de sa direction. Soucieuse de la libre opinion, l’ANEL ne corrige pas les affirmations ou déclarations des auteurs indépendants ou des commentaires qu’elles suscitent. Elle s’assure cependant que le ton des textes et commentaires demeure en tout temps respectueux.)

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