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Forum sur les arts littéraires : La «conversation» est lancée

26 février 2014, par
Catégorie: Divers
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Plusieurs transformations sont à l’œuvre dans le milieu du livre et de la littérature, on le savait. Mais se le faire dire en présence d’intervenants de tous les horizons du milieu et des deux communautés linguistiques confondues permet de mieux en prendre la mesure. C’est surtout ça qui a été pour moi le bénéfice de ce Forum sur les arts littéraires organisé par le Conseil des arts du Canada en février dernier.

Parmi les choses qui ont été dites, beaucoup avaient été déjà entendues : les bouleversements induits par l’avènement du livre numérique, la concentration et la mondialisation de l’industrie, le pouvoir croissant des grandes chaînes et le déclin des librairies indépendantes, la place de plus en plus congrue de la littérature dans les médias (même publics), le manque d’engagement des écoles, enfin la transformation des comportements culturels et des habitudes de lecture au sein de la population.

Face à tout ça, les participants au Forum ont manifesté davantage une volonté de résistance qu’un réel souci de changement que les organisateurs de l’événement auraient manifestement aimé attiser. En fait, bien peu de représentants du milieu du livre se sont montrés très enthousiastes devant les bouleversements qui s’annoncent – et qui s’avèrent d’ailleurs beaucoup plus sensibles au sein de la communauté littéraire anglophone dont on a évoqué plusieurs fois l’état de crise. 

Certes, on parle avec un semblant de conviction de l’importance d’inventer « de nouveaux modèles d’affaires », mais on sent que le cœur n’y est pas vraiment. L’interrogation demeure : où s’en va-t-on à partir de là ? Est-ce que le milieu du livre peut définir son avenir ? Ou va-t-il devoir se transformer malgré lui, au gré des pressions technologiques et commerciales qui s’expriment, comme l’a fait le milieu de la musique avant lui ? Toutes ces questions étaient encore ouvertes au terme du Forum, y compris d’ailleurs le rôle que pourraient jouer les pouvoirs publics (Fonds du livre du Canada, conseils des arts, et autres) dans cette mutation annoncée.

Le Forum, comme l’ont dit plusieurs, aura eu le mérite de lancer la « conversation ».  Reste à souhaiter qu’elle se poursuive activement…  

 

(Les opinions exprimées sur les blogues de anel.qc.ca sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement l’opinion de l’Association nationale des éditeurs de livres ou de sa direction. Soucieuse de la libre opinion, l’ANEL ne corrige pas les affirmations ou déclarations des auteurs indépendants ou des commentaires qu’elles suscitent. Elle s’assure cependant que le ton des textes et commentaires demeure en tout temps respectueux.)

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