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Écrire et éditer au féminin pluriel

Catégorie: Divers
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Je suis ce qu’on appelle une féministe non-essentialiste. C’est-à-dire que je considère que les différences qui comptent entre hommes et femmes sont la plupart du temps socialement construites et que mon principal combat, si je puis dire, c’est contre la définition close du masculin et du féminin, catégories que l’on continue à présenter comme essentiellement naturelles. Ce sont ces catégories qui permettent de définir ce que sont une « vraie » femme ou un « vrai » homme et c’est contre cette idée limitative du genre que je pense, écris, prends la parole.

En me préparant pour cette table ronde, j’en suis venue à me demander si une féministe non-essentaliste pouvait encore adhérer à une telle idée qu’une littérature des femmes. (Parenthèse pour vous faire remarquer que j’utilise « des femmes » au lieu de « féminine » justement parce que je trouve le deuxième thème trop connoté de valeurs, de thèmes et de comportements qui sont associés à cette moitié-ci de l’humanité.) Puis-je donc adhérer à l’idée d’une littérature des femmes, si, dans le même geste, je rejette radicalement les expressions comme «livres de filles»? Puis-je adhérer à l’idée d’une littérature des femmes s’il me semble qu’il n’y a rien d’inné qui distingue celles qui font cette littérature de leurs collègues masculins?

Ma réponse est oui. Oui, justement parce qu’il n’y a rien de naturel dans cette littérature des femmes. Ça tombe d’ailleurs très bien parce qu’il n’y a rien de naturel dans la littérature. La littérature est culturelle. Les femmes sont porteuses d’une certaine culture et font une littérature qui découle de leur position sociologique, politique, historique. Il n’y a rien d’inné là-dedans. Il n’y a rien d’absolument commun ou identique. Il n’y a rien de définitif non plus. La littérature des femmes se transforme, comme la place occupée par les femmes se transforme, mais elle reste une catégorie d’analyse pertinente puisqu’elle témoigne d’un regard encore marginalisé sur le monde et l’art.

Pour lire la suite: http://cvoyerleger.com/2013/10/23/qentl/

L’Association nationale des éditeurs de livres, en collaboration avec l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec et le Festival Québec en toutes lettres, a organisé, le dimanche 20 octobre 2013, une table ronde intitulée: Écrire et éditer au féminin pluriel. Une des panélistes, Catherine Voyer-Léger a fait cette présentation.

Sur la photo: Les écrivaines France Théoret et Catherine Voyer-Léger, l’animatrice Françoise Guénette et les éditrices Mylène Bouchard, La Peuplade et Johanne Guay, Groupe Librex.  Photo: ANEL

(Les opinions exprimées sur les blogues de anel.qc.ca sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement l’opinion de l’Association nationale des éditeurs de livres ou de sa direction. Soucieuse de la libre opinion, l’ANEL ne corrige pas les affirmations ou déclarations des auteurs indépendants ou des commentaires qu’elles suscitent. Elle s’assure cependant que le ton des textes et commentaires demeure en tout temps respectueux.)

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