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Déshabiller Pierre pour habiller Paul

Catégorie: Divers
Memoire

Les dernières semaines ont été marquées par deux événements politiques qui ont occupé presque toutes les conversations et une partie de l’espace médiatique : d’abord l’annonce par la ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, de fonds pour la librairie, l’exportation du livre et l’acquisition de livres jeunesse québécois. Ensuite, l’étude du rapport annuel de la SODEC et les questionnements qu’il soulève quant à l’attribution des fonds à certains acteurs alors que ceux dévolus à l’édition n’augmentent pas. 

Nous ne rechignerons pas devant l’octroi de subvention, et nous saluons la ministre pour cette annonce. Nous déplorons cependant que l’appui du gouvernement se fasse surtout de manière non récurrente et que nous devions « retourner au bâton » constamment. Le gouvernement ne semble pas comprendre l’importance de mettre la culture au cœur de ses priorités. La culture d’un peuple c’est son poumon, son cœur et sa force. Nous ne devrions pas avoir à recommencer constamment nos batailles et nos revendications en ce sens, d’autant plus que les nombreux remaniements ministériels retardent les dossiers et nuisent à la continuité. Madame Montpetit est la troisième ministre de la Culture et des communications que je côtoie depuis mon élection à titre de présidente de l’ANEL, il y a trois ans! La culture doit pouvoir compter sur des aides récurrentes qui permettent un développement robuste des acteurs culturels. 

De plus, les aides octroyées à la Culture doivent être suffisantes pour que chaque acteur puisse se déployer pour faire rayonner notre culture sur notre territoire et à l’international. Les montants dévolus sont largement insuffisants et ils provoquent des déchirements entre nous. Nous sommes comme les petits oisillons qui piaillent haut et fort le bec en l’air en se débattant pour recevoir leur maigre pitance. Tous les acteurs culturels et ceux du livre devraient se tenir ensemble et se serrer les coudes pour faire fleurir notre Culture. Mais parce que la nourriture se fait rare, nous nous entredéchirons pour survivre. Si les ressources et les appuis de nos gouvernements étaient suffisants, on ne verrait pas un secteur culturel se plaindre que l’autre en a davantage; on ne verrait pas certains acteurs de la chaîne jalouser les sommes qu’un autre obtient, et on ne verrait pas des acteurs du même maillon se plaindre que son voisin en reçoit plus. Nous serions tous contents de travailler collectivement au développement de notre société. Il est désolant de constater que dans notre monde politique, ce sont ceux qui ont le meilleur lobby, ceux qui sont les plus forts, ou ceux qui sont le plus glamour qui reçoivent le plus. Nous vivons dans une société civilisée, et je considère que les politiques devraient reposer sur une vision, et non pas sur la loi du plus fort. 

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