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De l’importance des relations

5 février 2013, par
Catégorie: Divers

« Je trouve qu’on parle beaucoup trop du livre numérique dans la profession. Est-ce qu’on veut faire mourir le livre papier? »

Ce commentaire, entendu lors d’une formation de l’ANEL donnée la semaine dernière sur l’utilisation du Web 2.0, m’a beaucoup fait réfléchir. Parle-t-on trop du livre numérique ou plus simplement du numérique dans l’édition? Est-ce que parler du livre numérique c’est vouloir faire mourir le livre papier?

Tout d’abord, je ne pense pas que l’on parle trop du numérique. Peut-être en parlons-nous mal, mais nous n’en parlons certainement pas assez. Associer le numérique uniquement à l’expression « livre numérique » est selon moi un peu réducteur. Le numérique, les médias sociaux, le Web, les blogues sont pour moi des outils supplémentaires qui s’offrent à nous pour diffuser davantage nos ouvrages et disperser notre culture par-delà les frontières. Avec des budgets toujours plus serrés et une multiplication croissante des titres offerts sur le marché, il est primordial pour les éditeurs de trouver de nouveaux canaux pour la promotion et la diffusion de leur production.

Le livre numérique, quant à lui, doit être vu comme un nouveau format nous permettant de mettre en valeur un livre et lui donner la chance de trouver son lecteur, où qu’il soit. Si aujourd’hui on voit encore un livre numérique comme le clone de sa version papier, on peut raisonnablement penser que d’ici 5 ans il en sera tout autre. Permettra-t-il de nouvelles formes de création littéraire? de nouvelles façons de mettre en valeur la poésie? de rejoindre les publics francophiles en Asie? Il n’en tient qu’à nous d’utiliser le livre numérique à nos fins pour développer notre profession et nos produits.

Enfin, on oublie peut-être parfois, en parlant du numérique, de revenir sur l’importance des contacts humains. Les éditeurs font de l’édition électronique depuis les années 1980. Ils utilisent tous les jours des logiciels pour mettre en page, envoyer des courriels, apporter des corrections aux manuscrits. Mais depuis toujours, ils établissent des relations privilégiées avec leurs auteurs. Ils les accompagnent, les soutiennent, les écoutent. Ils révisent, améliorent, réécrivent, soulignent, illustrent et choisissent ensemble ce qui fera du livre un produit si unique. Que ces relations soient dans l’univers numérique ou non, elles sont la base de notre milieu et plus que jamais importantes pour la suite des choses, peu importe le format dans lequel les écrits traverseront le temps. Car c’est dans le dialogue que tout se joue, entre l’éditeur et l’auteur, entre le livre et son lecteur.

Bianca Drapeau est Vice-présidente à l’ANEL et directrice, édition numérique et nouvelles technologies pour les Presses de l’Université du Québec

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