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Conjuguer Lire et Courir

Catégorie: Divers
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« Mens Sana In Corpore Sano » nous répétaient sans cesse père Côté et père Alarie lors de mon entrée au secondaire. C’était en 1987 et les derniers Jésuites du collège Brébeuf faisaient tout en leur possible pour maintenir les traditions d’un enseignement passéiste, mais somme toute valable. Bon, mes cours de latin sont bien loin, mais je l’ai finalement retenue, la devise des Jésuites : «Un esprit sain dans un corps sain ! » 

Lire, c’est du sport ! Non, mais pensez-y, qui oserait s’attaquer aux Mémoires de Saint-Simon sans un entraînement extrême ? Et lire Hubert Aquin sans préparation, c’est comme courir un marathon sans avoir préalablement participé à quelques demis. Soyons raisonnables un peu et passons au prochain épisode… De mon côté, à 14 ans, alors que mon professeur nous imposait la lecture de La Terre paternelle de Patrice Lacombe ou encore La symphonie  pastorale d’André Gide, je dévorais la nuit la biographie de mon idole Guy Lafleur, qui reprenait toute sa superbe sous la plume de Georges-Hébert Germain dans L’Ombre et la Lumière. C’était ma vraie soirée du hockey. 

Dans les faits, la littérature sportive se compare au triathlon et se divise en trois catégories : les guides  pratiques,  les  récits  biographiques  et  les  fictions. Quelques lecteurs téméraires s’attaquent aux trois disciplines, mais la plupart préfèrent la natation, le vélo ou la course. 

Natation — D’abord pour ce qui est des livres pratiques, le lecteur cherche des informations techniques pour la pratique d’une activité ou des conseils précis pour l’achat d’équipement nécessaire à l’exercice dudit sport. Ne va pas pêcher à la mouche qui veut sans se renseigner d’abord sur les pourvoiries et les hameçons. Pas plus qu’un coureur ne s’inscrit à son premier marathon sans se procurer les livres de Jean-Yves Cloutier Courir au bon rythme, que j’ai personnellement testés avec succès lors de mon dernier demi-marathon ! Entre les guides sur le plein air, le vélo de route ou le triathlon, la bibliothèque devrait s’avérer un arrêt obligatoire du sportif débutant ou averti. 

Vélo — Les récits et les biographies qui relatent les exploits et les sacrifices auxquels nos idoles ont consenti pour atteindre leur rêve ne peuvent que nous encourager à lever les pieds du pouf. Plusieurs nous replongent dans la nostalgie d’un passé où le Canadien était une glorieuse équipe et que les défilés de la coupe Stanley étaient chose commune, voire banale. Il y a aussi l’histoire du baseball avec Il était une fois les Expos qui retrace en plus de 1400 pages l’histoire de Youppi et de nos Z’amours. Monumental ! Sans parler des épreuves surhumaines comme traverser l’Atlantique à la rame (Dépasser l’horizon), gravir l’Everest (Instinct de survie) ou atteindre le cercle polaire en kayak (Une île pour sauver la planète), qui, elles, nous incitent à rester bien assis dans notre salon pour éviter d’y passer! 

Course — Après les guides et les récits, il faut s’attaquer à la fiction où le sport occupe une place importante dans notre littérature. Le Chandail de Roch Carrier a marqué l’enfance de tous les jeunes Québécois. Quel album ! Mais que dire des belles pages de Jacques Poulin consacrées au sport dans Le cœur de la baleine bleue ou, plus récemment, le recueil de nouvelles complètement déjantées (dans le bon sens du terme) de William S. Messier sur mon sport de prédilection : Le basketball  et ses fondamentaux.  Plus encore, en littérature jeunesse, plusieurs auteurs ont développé des séries sur le sport qui ont l’immense mérite de faire lire les garçons à un âge où les jeux vidéo ont souvent plus d’attrait  que l’imprimé. Merci, François, Paul, Emmanuel et les autres, de m’aider à décoller mon ado de la Xbox. 

Cet été, je vous convie tous à un triathlon de lecture sportive. Troquer, le temps de quelques jours, Bonheur d’occasion ou L’Énigme du retour pour une lecture qui fait suer ! 

Ce texte a été publié dans Collections, vol. 5, no. 2,  juin 2018

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