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Bons baisers de Beyrouth

2 décembre 2014, par
Catégorie: Divers
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J’ai fait quelques salons à la sortie de mon premier livre, L’enfant qui savait parler la langue des chiens : Trois-Rivières, Abitibi-Témiscamingue et Montréal. C’est tout. Même pas Québec. Alors, imaginez ma surprise lorsque ma maison d’édition, Boréal, m’a annoncé que j’étais invitée au Salon du livre francophone de Beyrouth pour y représenter la littérature canadienne, à l’invitation de l’Ambassade du Canada et en collaboration avec l’ANEL. J’adore la ville de Québec, mais à choisir, Beyrouth… enfin, vous comprenez ce que je veux dire…

L’accueil des Beyrouthins a été au-delà de tout ce que j’avais imaginé (même si j’avais été bien « avertie » par une amie d’origine libanaise). Je m’y suis fait des amis, écrivains ou pas, chrétiens, musulmans, Palestiniens; j’ai participé à des tables rondes captivantes, dont une qui avait pour thème « Récit de vie et récit de guerre, de la réalité à la fiction », avec les auteurs Sorj Chalandon et Émile Bravo. Déjà que j’étais nerveuse à l’idée de prendre part à une discussion publique en compagnie de Sorj Chalandon, dont j’ai adoré Le quatrième mur,  quand j’ai réfléchi au fait que j’allais, moi dont l’enfance protégée s’était déroulée à Trois-Rivières-Ouest, parler de récits de guerre devant un public libanais… je me suis sentie, disons, intimidée. Ça a été une rencontre marquante. Des gens dans la salle essuyaient des larmes. Moi-même…

Il y avait aussi, à mon horaire officiel, deux réceptions plus fastueuses : une à la résidence de l’ambassadeur de France et l’autre chez les Tueni, fondateurs de la librairie El Bourj, qui s’occupait de la vente de mon livre. Les deux soirées au champagne, comme il se doit, dans des demeures somptueuses. Le contraste, dans ce pays où les gens redoutent un nouvel éclatement d’un moment à l’autre, me rappelait vaguement quelque chose, que je n’arrivais pas à nommer. Ça s’est clarifié quelques jours plus tard : j’avais l’impression de vivre une version plus soft d’Un dimanche à la piscine à Kigali.

J’avais choisi de prolonger mon séjour de quelques jours – pour profiter plus longtemps des mezze et de la chaleur. Et je ne l’ai pas regretté. Les premiers lecteurs à m’avoir demandé une dédicace, un couple qui a déjà habité à Montréal, m’ont prise sous leur aile et fait visiter les montagnes autour de Beyrouth, la côte au nord de la ville et invitée à manger chez eux. Une écrivaine française m’a fait visiter des recoins de Beyrouth que je n’avais pas mis sur ma liste des choses à voir.

Et maintenant, je ne rêve que d’une chose, c’est de retourner au pays du cèdre.

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