A+
A-

A qui la faute? (I)

Catégorie: Divers
file8401271716480

Question vraiment désagréable. Et désagréable ne fait pas partie de la génétique québécoise, qui est intolérante au débat vif, à la controverse, à l’argument tranchant et au gluten. Tout cela dans un contexte où il est de bon ton de justifier la paresse intellectuelle au motif du rejet d’un fonds de commerce judéo-chrétien qui nous aurait enfermés dans la culpabilité. Enrobez l’affaire d’un vague psychologisme ambiant suivant lequel il ne faut pas inhiber nos petits chéris concitoyens et vous aboutissez à l’insignifiance. Combien de fois ai-je entendu dans les colloques, sommets et autres tournages-de-table-en-ronron : « Il ne s’agit pas ici de jeter la pierre à qui que ce soit… chercher des coupables ne servirait à rien…  il faut avancer et laisser aller… » Ah bon? Serait-ce que jamais rien ni personne n’est à la source des bons et des mauvais coups? Le sens des responsabilités naitrait-il d’une éducation à l’impunité générale? Et, plus fondamentalement, comment construire l’avenir sans comprendre ce qui nous a conduits à ce que nous sommes?

On le sait, le Québec accuse un retard marqué en ce qui a trait aux pratiques de lecture. Derrière le reste du Canada et bon nombre de pays industrialisés. Comment l’expliquer? Et, oui, j’ose : à qui la faute? J’entends souvent des gens affirmer que « l’on sait tous pourquoi il en est ainsi », esquivant ainsi la nécessité de s’en expliquer. Me revient alors Voltaire qui aime user de l’argument « ce n’est pas ici le lieu de s’expliquer » pour s’éviter l’effort de la démonstration.

Conclusion : j’annonce aujourd’hui que je vais m’y mettre. Tenter de faire la lumière sur cette question me semble impératif dans la mesure où notre profession a pour ambition d’avoir un avenir. Et, j’en suis convaincu, vous ne me laisserez pas seul sur le chantier de vérité. Dans quelques jours, premier round.

 

Les opinions exprimées sur les blogues de anel.qc.ca sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement l’opinion de l’Association nationale des éditeurs de livres ou de sa direction. Soucieuse de la libre opinion, l’ANEL ne corrige pas les affirmations ou déclarations des auteurs indépendants ou des commentaires qu’elles suscitent. Elle s’assure cependant que le ton des textes et commentaires demeure en tout temps respectueux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Articles récents

Silence radio

Depuis l’automne, sans parler strictement de « silence radio » de Québec, on peut […]

L’humour transcende les générations

« Je crois qu’être drôle n’est le premier choix de personne », […]

L’édition québécoise et le monde francophone

14 juin 2017, par

Alors qu’il y a 400 ans, les explorateurs français voyaient l’Amérique comme […]